Jean-Claude Juncker au Conseil européen à Bruxelles

Le Premier ministre Jean-Claude Juncker a participé à la réunion du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement qui s’est tenu les 27 et 28 juin 2013 à Bruxelles.

La réunion du Conseil européen de juin 2013 était essentiellement consacrée à des sujets de politique économique de l’Union européenne, avec la conclusion du semestre européen 2013, des mesures sur l’emploi et le chômage des jeunes et le financement de l’économie. De plus, le président du Conseil européen Herman van Rompuy a fait état des progrès accomplis en vue de l’approfondissement de l’union économique et monétaire.

Un autre sujet de discussion était l’élargissement de l’Union européenne, avec l’ouverture de négociations d’adhésion avec la Serbie au 1er janvier 2014, ainsi que l’ouverture de négociations en vue de la conclusion d’un accord de stabilisation et d’association avec le Kosovo.

Enfin, le Conseil européen s'est félicité de l'accord intervenu sur le cadre financier pluriannuel de l'UE pour les sept prochaines années.

L’emploi des jeunes

Lors de sa réunion des 27 et 28 juin 2013, le Conseil européen a défini la lutte contre le chômage des jeunes comme une priorité spécifique et immédiate. Il s’est mis d’accord sur une approche globale pour lutter contre le chômages des jeunes, en définissant une série de mesures concrètes: l’accélération de l’ "Initiative pour l’emploi des jeunes", avec une concentration des efforts en début de période (6 milliards du prochain cadre financier pluriannuel au cours des années 2014 et 2015, dans les régions de l’UE où le taux de chômage des jeunes est supérieur à 25%); l’accélération de la mise en oeuvre de la "garantie pour la jeunesse"; le renforcement de la mobilité des jeunes (notamment pas les programmes EURES et Erasmus+) et de la participation des partenaires sociaux.

Dans la mise en oeuvre des fonds structurels, une attention particulière sera accordée à l’emploi des jeunes ; toutes les possibilités qu’offre le Fonds social européen seront exploitées, y compris en soutenant la création d'emplois nouveaux pour les jeunes actifs.

La Banque européenne d’investissement contribuera à la lutte contre le chômage des jeunes grâce à des programmes spécifiques qui devraient être mis en oeuvre sans délai.

Le Conseil européen a également appelé à ce qu’au niveau national, où se situe la majorité des compétences en matière d’emploi, les États membres aillent de l’avant dans leurs réformes.

Lors d’une conférence de presse à l’issue du Conseil européen, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker s’est félicité des décisions qui ont été prises dans le cadre de la lutte contre le chômage des jeunes: "Je salue en particulier la décision de mobiliser dès les années 2014 et 2015 les 6 milliards du prochain cadre financier pluriannuel destinées à la lutte contre le chômage des jeunes. Force est de constater que cette décision n’a pu être prise que grâce à l’accord intervenu hier entre le Conseil et le Parlement européen sur le futur cadre financier pluriannuel; sans cet accord, ces fonds n’auraient pas été disponibles. Je me félicite donc de cette décision." Le Premier ministre a cependant mis en garde que "il ne faudrait pas s’adonner à l’illusion que le seul montant de 6 milliards pourrait suffire à lui seul pour lutter efficacement contre le problème massif du chômage auquel nous nous voyons confrontés actuellement en Union européenne. Il s’agit donc d’ajouter à cette somme des moyens budgétaires supplémentaires au niveaux nationaux."

Croissance, compétitivité et emploi

Alors que l’Union européenne et les États membres doivent continuer à prendre d’autres mesures pour renouer durablement avec la croissance et l’emploi, les chefs d’État et de gouvernement ont conclu le Semestre européen 2013 en approuvant, dans l’ensemble, les recommandation par pays, destinées à orienter les politiques et les budgets des États membres.

Le Conseil européen rappelle dans ce contexte qu’il est essentiel de disposer de finances publiques saines si l’on veut que les pouvoirs publics puissent conserver la capacité de soutenir une croissance durable et l’emploi. Ainsi, promouvoir la croissance et encourager l’assainissement budgétaire sont des processus qui se renforcent mutuellement. Les États membres sont ainsi invités à accélérer leurs réformes structurelles afin de rétablir la compétitivité et de faire face aux conséquences sociales de la crise.

Dans le contexte économique actuel, les chefs d’État et de gouvernement soulignent qu’il est indispensable de rétablir des conditions normales d’octroi de crédits à l’économie et de faciliter le financement des investissements. Compte tenu de l’importance des PME pour l’économie et pour la création de l’emploi, les mesures destinées à concourir au financement des PME constitueront une priorité. Ainsi, le Conseil européen a appelé à la mobilisation des ressources européennes, y compris ceux de la BEI et a lancé un nouveau "plan d’investissement" pour soutenir les PME et dynamiser le financement de l’économie.

Le cadre financier pluriannuel, sur lequel un accord est intervenu le 27 juin 2013, jouera un rôle déterminant pour soutenir l'économie, en servant de catalyseur pour la croissance et l'emploi, et en stimulant les investissements productifs et dans le capital humain.

Le Conseil européen note des progrès notables dans la mise en oeuvre du Pacte pour la croissance et l'emploi, adopté il y a un an, et appelle à ce que tous les éléments du pacte soient rapidement mis en oeuvre, notamment en ce qui concerne la marché unique, l'innovation, la stratégie numérique, les services, l'énergie et la fiscalité.

Dans une perspective de stimuler la croissance et de promouvoir la compétitivité, le Conseil européen organise régulièrement des discussions thématiques. Ainsi, les chefs d'État et de gouvernement ont appelé à la mise en place d'une vaste approche horizontale et cohérente visant à doter l'Europe d'une politique industrielle moderne. Dans ce contexte, ils ont salué le plan d'action de la Commission pour une industrie sidérurgique compétitive et durable. Le Conseil européen a également demandé que les efforts se poursuivent afin de rendre la réglementation de l'UE et des États membres plus efficace, plus cohérente et plus simple.

Union économique et monétaire

Le Conseil européen a discuté des prochaines étapes du renforcement de l’architecture de l’Union économique et monétaire, et a demandé que les travaux y afférents se poursuivent d’ici le Conseil européen de décembre. De même, les chefs d’État et de gouvernement ont évanué les progrès accomplis dans le cadre de l’union bancaire, qui constitue un élément essentiel de la stabilité financière et du bon fonctionnement de l’UEM.

Dans ce contexte, le Premier ministre Jean-Claude Juncker a déclaré devant la presse: "Je suis quelque peu déçu que les ambitions que nous avions voici un an ont été quelque peu revus à la baisse. Or, même si la situation générale s’est améliorée, il ne faudrait pas croire que la crise est derrière nous. Aussi, j’aurais souhaité plus de dynamique en ce qui concerne l’approfondissement de l’Union économique et monétaire." De plus, le Premier ministre a déploré que les éléments qui concernent la dimension sociale de l’Union économique et monétaire sont quasi inexistants. "Je suis d’avis qu’il faudra à l’avenir se pencher un peu plus sur les questions de politique sociale, mais j’ai l’impression que la volonté de ce faire est très mince," a-t-il regretté.

En ce qui concerne les progrès accomplis par le Conseil Ecofin dans le cadre de l’union bancaire, Jean-Claude Juncker a estimé que "des progrès énormes ont été accomplis en la matière, ce qui a permis de briser le lien entre la dette bancaire et la dette souveraine, ce qui n’était pas une mince affaire."

Répondant à la question d’un journaliste pour savoir s’il estimait que la crise était contenue, le Premier ministre Juncker a déclaré que "nous avons surmonté le pire de la crise financière, car nous disposons à présent des instruments nécessaires – mis en place ces derniers deux ans. En revanche, nous n’en sommes pas du tout au bout de la crise économique et sociale. Il est d’ailleurs possible que la crise sociale continue à se renforcer de manière dramatique. Les chiffres vont en s’améliorant sur le papier, mais les résultats ne sont pas encore tangibles de manière concrète pour les citoyens.

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